Alain Tur a demandé une sauve­garde accé­lé­rée pour AST Groupe

L’ouverture d’une procédure de sauvegarde accélérée par le tribunal de commerce de Lyon, à la demande d’Alain Tur, son PDG, doit permettre au constructeur de maisons individuelles de faire adopter un plan de sauvegarde dans des délais resserrés de 4 mois. Et préserve les clients, fournisseurs et sous-traitants du groupe.
Alain Tur Alain Tur © DR

L’af­faire a été trai­tée au plus niveau, à savoir le CIRI (Comité inter­mi­nis­té­riel de restruc­tu­ra­tions indus­trielles) à Bercy. Les diffi­cul­tés d’AST Groupe, qui reven­diquait-il y a peu de temps encore, le rang de 3e construc­teur français de maisons indi­vi­duelles, étaient connues.

Victime tout à la fois de la hausse des coûts, de celle des taux d’in­té­rêt, de la chute des crédits immo­bi­liers, AST Groupe avait annoncé, début mars, être en discus­sion avec ses diffé­rents parte­naires, garants, banquiers et créan­ciers publics pour mettre en œuvre « un plan de restruc­tu­ra­tion autour de ses acti­vi­tés à plus forte valeur ajou­tée, impliquant un redi­men­sion­ne­ment du groupe ».

À savoir, un recen­trage sur le sud-est , le péri­mètre histo­rique de l’en­tre­prise fondée voici plus de 30 ans par Alain et Sylvain Tur (d’où le nom d’AST Groupe) à Décines. Sylvain Tur s’est retiré, il y a quelques années, de l’opé­ra­tion­nel.

Les créan­ciers finan­ciers visés

Par acti­vi­tés à forte valeur ajou­tée, AST évoque son acti­vité indus­trielle inté­grée, compre­nant les réseaux de conces­sion­naires Nati­lia (maisons à ossa­ture bois), Villas Club et Nati­box (studios de jardin). Faute d’ob­te­nir un soutien de l’in­té­gra­lité de ses créan­ciers finan­ciers (une majo­rité avait son accord) et consta­tant que le CIRI (les pouvoirs publics) avait sa part du chemin, Alain Tur a donc demandé au Tribu­nal de commerce de Lyon, l’ou­ver­ture d’une procé­dure de sauve­garde accé­lé­rée.

Elle a été vali­dée par la juri­dic­tion consu­laire, mercredi 17 avril. Laquelle offre un cadre juri­dique spéci­fique permet­tant l’adop­tion dans des délais resser­rés d’un plan de sauve­garde pérenne.

La procé­dure n’im­plique que les établis­se­ments finan­ciers, les action­naires fonda­teurs et les créan­ciers publics. En revanche, les clients et autres créan­ciers (four­nis­seurs, sous-trai­tants) conti­nuent d’être réglés selon les moda­li­tés contrac­tuelles.

Les chan­tiers peuvent conti­nuer. L’en­tre­prise précise dans un commu­niqué qu’« AST Groupe va rester plei­ne­ment opéra­tion­nel pendant toute la période d’ob­ser­va­tion d’une durée maxi­mum de 4 mois et présen­tera au tribu­nal de commerce, à l’is­sue de celle-ci, un plan de conti­nuité de l’ac­ti­vité ».

25,3 millions d’eu­ros de dettes pour 13 millions de tréso­re­rie

Dans les prochaines semaines, un expert indé­pen­dant établira une valo­ri­sa­tion du groupe et « s’as­su­rera que le plan de restruc­tu­ra­tion stra­té­gique proposé présente le meilleur inté­rêt pour toutes les parties de créan­ciers affec­tés ». Tous les créan­ciers seront alors amenés à se posi­tion­ner sur le plan de restruc­tu­ra­tion présenté au tribu­nal. Le tribu­nal a dési­gné Maîtres Eric Bauland (Selarl BCM) et Char­lotte Fort (Selarl FHBX) comme admi­nis­tra­teurs judi­ciaires.

Compte tenu de cette procé­dure de sauve­garde, AST Groupe a reporté la publi­ca­tion de ses résul­tats annuels. La cota­tion en bourse d’AST Groupe, qui avait été suspen­due a repris, ce vendredi 19 avril. En mars dernier, AST Groupe annonçait un chiffre d’af­faires 2023 de 178,7 millions d’eu­ros (+ 15%), tout en préci­sant qu’il s’agis­sait de chiffres non audi­tés.

Sur ce total, l’ac­ti­vité maisons indi­vi­duelles repré­sen­tait 129,5 millions d’eu­ros (+ 23%), la promo­tion et les lotis­se­ments pesaient pour 22 millions (+ 16%), tandis que la divi­sion « Mode construc­tif indus­triel » s’éle­vait à 27,3 millions (31,7 millions en 2022). En 2022, AST Groupe avait réalisé un chiffre d’af­faires de 155,8 millions d’eu­ros et affi­ché une perte nette de 9,1 millions. En 2021, le résul­tat net était tout juste à l’équi­libre + 0,1 milion d’eu­ros sur un chiffre d’af­faires de 160 millions d’eu­ros.

À fin mars 2024, la tréso­re­rie du groupe s’éle­vait à 13 millions d’eu­ros et les dettes à 25,3 millions. « Ce sont des dettes raison­nables », estime un obser­va­teur, confiant quant aux capa­ci­tés de rebond d’AST Groupe.

En vidéo: Olivier Lamy, invité de Bourse & Valeurs en avril 2023 (Olivier Lamy a démis­sionné depuis, pour raisons person­nelles, de ses mandats de direc­teur géné­ral délé­gué et d’ad­mi­nis­tra­teur)

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