Anciens foot­bal­leurs : Ils racontent leur vie d’après

Anciennes gloires du ballon rond, ovale ou de la petite balle jaune, grands noms des parquets, tatamis, pistes, rings ou bassins, ces sportifs ont choisi d’établir leur activité dans la région lyonnaise à l’issue de leur carrière. En cette année olympique, à l’approche du coup d’envoi des Jeux de Paris 2024, Lyon Décideurs part à la rencontre d’une trentaine d’anciens champions devenus entrepreneurs, investisseurs ou politiciens. Portraits de ces anciens footballeurs.
Footballeurs

Domi­nique Casa­grande, gardien du comp­toir

Domi­nique Casa­grande © Pierre Ferran­dis

L’an­cien foot­bal­leur accueille chaque midi des dizaines de clients et encaisse leur addi­tion derrière le comp­toir du Café Belle­cour, repris début 2023 avec le promo­teur immo­bi­lier Nico­las Gagneux.

Près de 20 ans après l’ar­rêt de sa carrière foot­bal­lis­tique en 2005, Domi­nique Casa­grande, l’an­cien gardien de Nantes, du PSG ou de l’Asse, s’est installé en région lyon­naise d’où sa compagne, l’an­cienne anima­trice télé deve­nue déco­ra­trice d’in­té­rieur, Cécile Siméone, est origi­naire. « J’ai d’abord ouvert des terrains de foot indoor à Brignais en 2007, puis à Beynost et Vénis­sieux avec Urban­soc­cer à qui j’ai fini par revendre mes parts », renseigne l’an­cien consul­tant de Canal+, titu­laire d’un master en droit, écono­mie et gestion du sport.

« Un café de village dans une grande ville »

Après cette première aven­ture entre­pre­neu­riale, il se lance dans la restau­ra­tion en repre­nant Le 1838 à Brignais. « C’était une très belle aven­ture qui m’a bien occupé pendant sept ans. J’ai revendu le resto en 2019 à Auré­lien Live­neau. L’af­faire marchait alors très bien, mais j’avais envie de faire autre chose. »

Domi­nique Casa­grande devient alors asso­cié d’AR Sécu­rité, une entre­prise de sécu­rité privée instal­lée à Vénis­sieux et Cour­be­voie, puis retrouve la restau­ra­tion en janvier 2023 au Café Belle­cour, le mythique établis­se­ment aux stores verts de la place, côté Saône.

« J’avais des affi­ni­tés avec l’an­cien proprié­taire Pierre Poin­tet. Je lui ai dit qu’il n’y avait que cette affaire qui pouvait me faire replon­ger, parce qu’elle avait une valeur spéciale pour moi : c’est ici que je venais prendre le café après avoir déposé ma fille au lycée Saint-Marc. C’est un endroit parti­cu­lier, tout le monde le connaît à Lyon. C’est comme un café de village dans une grande ville. »

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Sidney Govou, entre foot­ball et soirées événe­men­tielles

Sidney Govou © DR

Les amou­reux de l’OL se souviennent avec bonheur de ses chevau­chées contre le Bayern Munich ou le Racing Club de Lens un soir de mai 2002. Retraité des terrains depuis 2017 après des dernières piges à Évian, Chas­se­lay et Limo­nest, Sidney Govou est aujourd’­hui asso­cié des socié­tés lyon­naises Plein Gas (soirées événe­men­tielles) et Spor­ty­neo.

« Quand vous arrê­tez votre carrière, on vous propose des choses diverses. J’ai choisi en fonc­tion de mes envies, je marche beau­coup à l’af­fect. Avec Pierre-Yves Gas (Plein Gas) et Johan Gout­te­fan­geas (Spor­ty­neo), c’est d’abord une ques­tion d’ami­tié », indique l’an­cien inter­na­tio­nal français, souvent présent dans les loges du Grou­pama Stadium ou du stade de Gerland. 

Consul­tant, chro­niqueur et conseiller

Septuple cham­pion de France avec l’OL, l’an­cien ailier inter­vient avant tout dans un rôle de conseiller. « Pierre-Yves est très bon dans ce qu’il fait, il a des réseaux impor­tants et travaille dans un domaine qui lui corres­pond bien. Je ne lui explique pas comment travailler mais je lui apporte des idées, un regard critique. Et avec Johan, nous venons tous les deux du Puy. On se connaît de longue date et sa boîte touche le sport. J’in­ter­viens donc avec mon réseau d’an­cien spor­tif. »

Aussi consul­tant pour Canal+ et chro­niqueur au Progrès, Sidney Govou conserve encore un lien fort avec les terrains. « Avec Canal, c’est du kif. J’aime aller commen­ter les matchs, être en plateau et parler foot­ball. »

Une nouvelle vie dans laquelle l’an­cien Bleu s’épa­nouit plei­ne­ment : « Je n’ai jamais cher­ché à revivre ce que j’ai vécu dans le foot­ball. C’est impos­sible de retrou­ver l’adré­na­line d’un grand match. Je cherche surtout à être actif dans quelque chose qui me plaît. »

Johan Gout­te­fan­geas, cham­pion à Singa­pour, boss à Écully

Johan Gout­te­fan­geas © DR

C’est un parcours rocam­bo­lesque, des réserves d’An­gers et de Grenoble au monde de l’en­tre­pre­neu­riat, en passant par l’équipe natio­nale de Brunei ou la prési­dence du cham­pion­nat de Singa­pour.

Aujourd’­hui à la tête de Spor­ty­neo, une sport-tech qui permet le paie­ment en plusieurs fois des acti­vi­tés et équi­pe­ments spor­tifs (licences, produits, commandes), Johan Gout­te­fan­geas garde des souve­nirs miti­gés de sa carrière sur les terrains. « J’ai passé presque toute ma carrière à l’hô­pi­tal. Je me suis fait trois fois les croi­sés et des bles­sures à répé­ti­tion, je n’ai presque jamais joué », témoigne celui qui a côtoyé Olivier Giroud au sein de la réserve de Grenoble dans les années 2000.

Expa­trié au Royaume-Uni, en Écosse, en Asie du Sud-Est ou en Austra­lie, il suit les traces de son père lui-même entre­pre­neur et lance un premier busi­ness dans la vente de produits déri­vés. En 2010, il créé l’étoile FC, club français invité à parti­ci­per au cham­pion­nat de Singa­pour. « La fédé­ra­tion cher­chait des équipes étran­gères pour jouer dans la ligue. On a gagné la coupe et le cham­pion­nat. Il a tout fallu construire de zéro dans un autre pays. C’était très forma­teur, même si j’ai commis plein d’er­reurs. »

Avant Spor­ty­neo, le Goal FC

Après cette expé­rience concluante, il prend la prési­dence du cham­pion­nat local pendant un an puis rentre en Europe. « Je gérais du busi­ness entre des équipes euro­péennes et des instances asia­tiques pour des produits déri­vés ou des tour­nées en Asie. »

Il atter­rit à Tassin en 2016 et prend la prési­dence du club local. « Je voulais faire un gros club dans l’Ouest lyon­nais donc j’ai monté le Goal FC (aujourd’­hui en 3e divi­sion) avec Joce­lyn Fonta­nel, en fusion­nant les clubs de Tassin, Chas­se­lay et Cham­pagne. Nous étions le plus grand club de France avec 1 800 licen­ciés. »

➔ À lire aussi : Spor­­ty­­neo : Johan Gout­­te­­fan­­geas lève 1,6 million d’eu­­ros

Le diri­geant quitte l’aven­ture en 2021 pour lancer Spor­ty­neo à Écully. Épaulé par une quin­zaine de colla­bo­ra­teurs, il travaille avec 3 000 clubs et prépare une levée de fonds de 5 à 6 millions d’eu­ros d’ici 18 mois pour attaquer le marché euro­péen et dupliquer le modèle aux écoles de musique. « On vient de lever 1,6 million d’eu­ros avec des action­naires comme Sidney Govou ou l’an­cien rugby­man Serge Betsen. On couvre tout l’abé­cé­daire du sport, de l’avi­ron à la zumba. C’est une boîte où je m’éclate au quoti­dien. »

Les anciennes gloires de l’OL

D’autres joueurs des années phares de l’Olym­pique lyon­nais ont eux aussi suivi la voie de l’en­tre­pre­neu­riat. Grand arti­san du premier titre de cham­pion de France en 2002, Pierre Laigle (à gauche) s’est lancé dans une carrière de marchand de biens, du côté de Millery. L’an­cien inter­na­tio­nal français a fondé sa société 8Laigle et vend désor­mais des terrains construc­tibles à des parti­cu­liers. Il est aussi conseiller muni­ci­pal à la mairie de Charly.

L’an­cien gardien Nico­las Puyde­bois, codi­rige, quant à lui, le cabi­net de conseil en inves­tis­se­ment finan­cier Helion Patri­moine à Cailloux-sur-Fontaines. Il travaille aux côtés de son ancien coéqui­pier Yohan Gomez, cham­pion de France avec l’OL en 2004, passé ensuite par Bastia, Cannes ou Chas­se­lay.

Ancien direc­teur spor­tif du Goal FC entre 2019 et 2021, Anthony Réveillère, aujourd’­hui consul­tant pour OLTV, avait ouvert son restau­rant-bar Le Purple à Confluence, fermé en 2014. Même sort pour les restau­rants de Grégory Coupet (Le Stadium, fermé en 2009) et Sylvain Wiltord (Le Leï, fermé en 2018) à Villeur­banne. De son côté, Éric Abidal possède toujours des parts dans le Grand Café des Négo­ciants à Corde­liers.

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