Anciens rugby­mans : Ils racontent leur vie d’après

Anciennes gloires du ballon rond, ovale ou de la petite balle jaune, grands noms des parquets, tatamis, pistes, rings ou bassins, ces sportifs ont choisi d’établir leur activité dans la région lyonnaise à l’issue de leur carrière. En cette année olympique, à l’approche du coup d’envoi des Jeux de Paris 2024, Lyon Décideurs part à la rencontre d’une trentaine d’anciens champions devenus entrepreneurs, investisseurs ou politiciens. Portraits de ces anciens rugbymans.
Anciens Rugbymans

Jona­than Wisniewski raconte ses salades

Jona­than Wisniewski © DR

Jona­than Wisniewski a ouvert son deuxième restau­rant, La Salad’­rit à OL Vallée, moins d’une semaine après avoir raccro­ché les cram­pons en 2021. « J’avais déjà ouvert un premier resto quatre ans avant à Saint-Égrève, près de Grenoble. Je voulais prendre les devants et très vite bascu­ler dans ma nouvelle vie », indique l’an­cien demi d’ou­ver­ture du LOU, meilleur réali­sa­teur du Top 14 en 2011 et 2015.

À Décines, il duplique son concept de bar à salades, imaginé lors d’un voyage à New York. « L’idée, c’est de permettre de manger bien, vite et bon à beau­coup de monde, souligne le diri­geant. J’ai toujours eu cette fibre entre­pre­neu­riale. Pendant ma carrière, j’avais de très bons rapports avec les spon­sors de mes clubs. J’étais curieux de voir comment ils déve­lop­paient leurs boîtes. »

« Plus dur qu’une finale de Top 14 »

Trois ans après son ouver­ture, La Salad’­rit à Décines affiche souvent plein lors des événe­ments au Grou­pama Stadium et à la LDLC Arena, mais peine encore à trou­ver son public en semaine. « Le contexte n’est pas des plus simples. La zone a eu du mal à démar­rer, la crise rend les choses diffi­ciles. Mais on se bat et on s’ac­croche. C’est un combat au quoti­dien, encore plus dur qu’une finale de Top 14 parce qu’il y a de nombreuses nuits où on ne dort pas ! », juge l’an­cien rugby­man, aussi consul­tant rugby pour Canal+.

Jona­than Wisniewski entend désor­mais stabi­li­ser et péren­ni­ser l’ac­ti­vité dans ses deux restau­rants pour reve­nir à terme dans le monde du rugby. « Ce monde me manque et je pense y être meilleur que dans les affaires. Les affaires, c’est très dur et éner­gi­vore. J’ai envie de rebas­cu­ler sur autre chose demain, dans un projet spor­tif sur la touche ou dans le board d’un club », annonce le diri­geant, en forma­tion depuis septembre au Centre de droit et d’éco­no­mie du sport de Limoges (avec une quin­zaine d’an­ciens spor­tifs) pour y suivre une forma­tion de mana­ger, sur deux ans.

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Pierre Raschi, l’homme de réseaux

Pierre Raschi © DR

Il a connu les plus belles heures de la Berjal­lie et les exploits du CSBJ aux côtés des Sébas­tien Chabal, Lionel Nallet, Pascal Papé, Julien Bonnaire ou encore Morgan Parra.

Fina­liste du cham­pion­nat de France et vainqueur du Bouclier euro­péen en 1997, Pierre Raschi est aujourd’­hui direc­teur géné­ral du Groupe Réfé­rence, spécia­lisé dans les services infor­ma­tiques. « J’ai arrêté ma carrière en 2009, donc il a bien fallu retour­ner travailler. L’adré­na­line et l’es­prit collec­tif m’ont vite manqué, je me suis demandé comment retrou­ver un peu de chal­lenge et d’ex­ci­ta­tion et j’ai trouvé des personnes pari­siennes avec qui m’as­so­cier pour déve­lop­per une acti­vité dans un domaine que je connais­sais bien », souligne l’an­cien troi­sième-ligne, titu­laire d’un bac+5 en infor­ma­tique. 

Membre de l’APM et du Prisme

L’adré­na­line n’est plus exac­te­ment la même. « Il y a des sensa­tions qu’on ne retrouve jamais comme l’at­mo­sphère d’un vestiaire d’avant-match. Mais sur de gros contrats ou des opéra­tions de crois­sance externe, vous retrou­vez une petite exci­ta­tion et la boule au ventre comme dans le sport », témoigne le diri­geant, installé dans l’agence lyon­naise du Groupe Réfé­rence (200 colla­bo­ra­teurs, 30 millions d’eu­ros de chiffre d’af­faires), rue Sala.

À Lyon, Pierre Raschi est membre de l’APM (Asso­cia­tion pour le progrès du mana­ge­ment) et du Prisme. « Je retrouve cette notion d’équipe et de collec­tif au Prisme. Pouvoir être au contact d’en­tre­pre­neurs, poser des ques­tions, deman­der des avis, pour moi c’est essen­tiel », indique le diri­geant, aussi asso­cié dans Team for the Planet depuis 2021.

Lionel Nallet, retour à l’usine

Lionel Nallet © DR

Légende du rugby trico­lore et ancien capi­taine du XV de France, Lionel Nallet est aujourd’­hui à la tête d’Usi­réa, une entre­prise de méca­nique de préci­sion, créée en 2007 avec son beau-frère.

La société, instal­lée près de Bourg-en-Bresse, sa ville de nais­sance, produit des pièces métal­liques desti­nées à l’avia­tion – pour des trains d’at­ter­ris­sage d’Air­bus A320 par exemple –, à la défense ou au domaine nucléaire.

« J’étais encore joueur à Castres puis au Racing lorsque nous avons démarré l’ac­ti­vité donc je n’étais pas très présent dans l’en­tre­prise. J’ai vrai­ment commencé à m’im­pliquer quasi quoti­dien­ne­ment lorsque j’ai signé au LOU en 2012 », raconte aujourd’­hui l’an­cien deuxième-ligne dans son usine, près des machines de tour­nage-frai­sage. 

Hôte­lier à Meyzieu avec Sébas­tien Chabal

Spécia­li­sée dans la méca­nique de haute préci­sion, Usiréa compte 19 employés et présente un chiffre d’af­faires de 3 millions d’eu­ros en 2023, en crois­sance de 50 % par rapport à l’exer­cice précé­dent.

En plus de cette acti­vité chez lui, dans l’Ain, Lionel Nallet s’est asso­cié à son ami Sébas­tien Chabal, côtoyé à Bour­goin-Jailleu, puis au LOU et en équipe de France, pour ouvrir l’Hô­tel des Lumières en 2014, avec trois autres asso­ciés. L’éta­blis­se­ment est situé à Meyzieu, aux abords du Grou­pama Stadium, et attire une clien­tèle majo­ri­tai­re­ment profes­sion­nelle.

Romain Lour­sac, quoi de neuf docteur ?

Romain Lour­sac © Lou Rugby

Conci­lier études de méde­cine et carrière profes­sion­nelle dans le rugby… Le défi de Romain Lour­sac, qui exerce aujourd’­hui comme méde­cin atti­tré du LOU Rugby et au centre Santy-Gerland comme méde­cin du sport, semblait de taille.

L’an­cien arrière a pour­tant mené ses deux carrières de front et décro­ché son diplôme lorsqu’il foulait encore les pelouses du Top 14. Chez les jeunes, à son arri­vée au club, l’étu­diant en première année de méde­cine ne dispu­tait que les matchs à domi­cile, au stade Vuiller­met. « À la fin de cette première année, il n’y a que 66 étudiants qui passent sur plus de 700. J’ai loupé mon année de 30 places et j’ai dû redou­bler », rejoue-t-il aujourd’­hui.

Il découvre le groupe profes­sion­nel lors de sa 3e année d’études et commence à enchaî­ner les matchs chaque week-end : « Le club était assez conci­liant, il me lais­sait souvent mon lundi pour aller en stage à l’hô­pi­tal au lieu de rester faire mes soins ou suivre l’ana­lyse vidéo. » 

« Un statut parti­cu­lier »

Avant de commen­cer son inter­nat en 6e année d’études, il parvient, après des discus­sions avec l’uni­ver­sité, à conci­lier ses deux vies et aména­ger ses horaires. « J’ai pu béné­fi­cier d’un statut parti­cu­lier qui m’a permis de faire mon inter­nat en six ans au lieu de trois. »

Au terme de ces six années, en 2017, il met fin à sa carrière profes­sion­nelle au LOU et intègre les effec­tifs des HCL. Après un bref passage dans le staff de l’équipe de France fémi­nine de rugby à XV, Romain Lour­sac rejoint le staff médi­cal du LOU Rugby.

Sébas­tien Chabal, la retraite et les affaires à Lyon

Sébas­tien Chabal © DR

Le plus célèbre des rugby­mans français gère son après-carrière de manière assez discrète à Lyon. En plus de sa marque de vête­ments Ruck­field, Sébas­tien Chabal, retraité des terrains depuis 2014, est asso­cié au sein de l’en­tre­prise lyon­naise Promy, plate­forme pour mettre en rela­tion les profes­sion­nels de l’im­mo­bi­lier à la recherche de foncier et les proprié­taires.

« Le projet Promy m’a tout de suite parlé, car l’idée est d’ai­­der le parti­­cu­­lier dans le cadre de la vente d’un terrain. Et je suis là aussi parce que l’im­­mo­­bi­­lier est un secteur qui m’in­­té­­resse », déclare Sébas­tien Chabal, action­­naire à hauteur de 5 % et égérie de la société fondée par Romain Solenne.

L’ex-inter­na­tio­nal est aussi cofon­da­teur, à Lyon, des entre­prises Piman Secu­rity (sécu­rité privée et protec­tion rappro­chée) et Concept Sport (struc­tures spor­tives en libre-service). L’an­cien joueur de Bour­goin et du LOU est aussi à la tête de Chabal Image, sa société de gestion d’image et de rela­tions publiques, qui gère ses contrats publi­ci­taires.

Consul­tant pour Canal+, il est ambas­sa­deur avec Pierre Marti­net et Guy Savoy du fonds de dota­tion La Berjal­lie, lancé en 2022 par le CSBJ.

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