Cora­lie Gassama, d’un rêve à l’autre

Anciennes gloires du ballon rond, ovale ou de la petite balle jaune, grands noms des parquets, tatamis, pistes, rings ou bassins, ces sportifs ont choisi d’établir leur activité dans la région lyonnaise à l’issue de leur carrière. En cette année olympique, à l’approche du coup d’envoi des Jeux de Paris 2024, Lyon Décideurs part à la rencontre d’une trentaine d’anciens champions devenus entrepreneurs, investisseurs ou politiciens. Portraits de deux anciens champions d'athlétisme.
Coralie Gassama Coralie Gassama © DR

Un produit pour les athlètes, créé par une athlète. Avec sa société Keyena lancée en février 2021, Cora­lie Gassama propose des surse­melles de protec­tion pour pointes d’ath­lé­tisme et chaus­sures de sport.

Un projet imaginé pendant ses études à Lyon 1 puis déve­loppé à côté de sa carrière de spor­tive de haut niveau. « Au début de l’aven­ture Keyena, j’étais encore en acti­vité avec des objec­tifs ambi­tieux, notam­ment pour Paris 2024. Mais j’ai connu des bles­sures, des opéra­tions, et le rêve des JO s’est peu à peu éloi­gné. »

La spécia­liste du 400 mètres haies doit alors faire le deuil de sa carrière spor­tive. « J’étais malheu­reuse. J’étais Cora­lie Gassama l’ath­lète. Dans les yeux des gens, mais aussi dans mes yeux, je n’exis­tais que par ça. Le déve­lop­pe­ment de Keyena m’a permis de reprendre un second souffle et de comprendre que ma valeur allait au-delà du sport. »

Péné­trer le marché améri­cain

Accom­pa­gnée par la Banque Pala­tine ou la Métro­pole de Lyon qui héberge ses locaux au sein du pôle Lyve à la Duchère, la diri­geante lance le déve­lop­pe­ment commer­cial de son produit fabriqué à Oyon­nax, dans la Plas­tic Vallée. L’in­no­va­tion séduit des athlètes, des clubs et pousse Keyena à réflé­chir à de nouveaux axes de déve­lop­pe­ment.

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« On a des demandes dans le cyclisme pour des problé­ma­tiques liées à la chaus­sure à cales. Ça pour­rait être un levier de crois­sance impor­tant », juge la Normande qui table sur une levée de fonds à hauteur d’un million d’eu­ros à la rentrée prochaine. « On a fait entrer cet automne le foot­bal­leur français Dayot Upame­cano au capi­tal. Je suis aujourd’­hui entou­rée d’hommes dans l’ac­tion­na­riat, j’ai­me­rais aussi être épau­lée par des femmes. »

Avec cette levée, Keyena entend s’adres­ser au marché améri­cain (et aux spor­tifs des grandes univer­si­tés), accroître sa noto­riété et struc­tu­rer ses équipes. « Je fais 12 à 13 heures de travail par jour. J’ai 26 ans, j’ai envie d’avoir une vie stable, ce n’est pas encore possible, mais je suis passion­née. J’y crois fort et je m’ac­croche. »

Et l’an­cienne athlète vise les sommets : « En athlé, j’étais limi­tée spor­ti­ve­ment, je n’étais pas Marie-José Perec. Mais dans le busi­ness, je ne me fixe aucune limite. Je sens que j’ai les épaules pour aller loin. »

Pierre-Ambroise Bosse, cham­pion du textile

Pierre-Ambroise Bosse © DR

Cham­pion du monde du 800 mètres à Londres en 2017, l’ath­lète Pierre-Ambroise Bosse s’est rappro­ché de la start-up lyon­naise Bomo­let, spécia­li­sée dans les vête­ments de course à pied écores­pon­sables.

Le spor­tif et la jeune marque, fondée en 2020 par Flavien Thou­roude, ont sorti en colla­bo­ra­tion un T-shirt de running conçu à partir de bouteilles en plas­tique recy­clées.

Confec­tionné à Renai­son dans la Loire, avec un tissu tricoté à Bour­goin-Jallieu, ce maillot au motif de mari­nière est commer­cia­lisé au prix de 69 euros. « La situa­tion clima­tique nous oblige à repen­ser notre façon de consom­mer. Je veux que tous les spor­tifs, coureurs ou non, sachent qu’il est aujourd’­hui possible de s’équi­per avec des vête­ments confec­tion­nés loca­le­ment », indique Pierre-Ambroise Bosse.

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